La sécurité et la tranquillité publique

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La question de la sécurité et de la tranquillité publique est une question complexe, qui ne se satisfait pas de réponses à l’emporte pièces. C’est la façon dont on combine tous les paramètres du vivre-ensemble qui fait la base d’une politique de sécurité efficace : solidarité, action sociale, éducation, qualité de vie, coordination des services de police et de justice, démocratie citoyenne, gestion de l’information, et surtout cohérence et moyens de prévention. Voilà les clefs de la réussite.

Cela étant dit, Lorient en commun refuse de cacher la poussière sous le tapis. Nous sommes de gauche, communistes, fédéralistes ou écologistes, mais en aucun cas laxistes : il existe des problèmes de délinquance, de drogue, des incivilités qu’il faut combattre. Mais comment y remédier réellement, sans démagogie, injustices, discriminations ou a priori ? Voilà la question.

Doter les policiers municipaux d’armes létales, ou doubler les effectifs de la police municipale comme le proposent certains candidats ? Ce n’est ni raisonnable en terme de clarification des missions entre police nationale et municipale, ni raisonnable en terme de coût (4 à 500 000€ chaque année), ni efficace en terme de sécurité.

Nous avons 10 policiers municipaux à Lorient, soit un taux pour 10 000 habitants équivalent à celui de Poitiers, Limoges, Argenteuil ou Villeurbanne. On conviendra que nos problèmes sont sensiblement différents et moins délicats. Doubler nos effectifs nous placerait au niveau d’encadrement de Marseille (!), de Toulouse ou de Saint Denis de la Réunion. N’est-ce pas un peu exagéré ? Nous ne sommes pas contre revoir les effectifs, mais dans quel but ? sur quel critères ? avec quels missions nouvelles ? et à quelle échelle ?

Par contre – et malgré une arrivée de policiers en août dernier compensant des départs en retraite – il manque sur le commissariat de Lorient environ 15 fonctionnaires de Police Nationale pour un fonctionnement normal et sécurisé. C’est une priorité que de faire en sorte que ces effectifs soient présents sur notre territoire. C’est une responsabilité gouvernementale, non assumée par LREM.

Adapter les moyens de répression c’est bien, mais agir en amont, en particulier sur la prévention, là où la collectivité, sans se substituer à l’État, peut faire quelque chose, c’est essentiel aussi.

Le Forum Français de Sécurité Urbaine (FFSU) vient justement de publier un « livre blanc » dont l’essentiel de nos propositions sont issues. Lorient est déjà membre de ce forum, mais n’applique pas ses recommandations les plus importantes. Le FFSU recommande de recentrer la politique de sécurité sur les besoins des citoyens, de systématiser la coproduction des politiques de sécurité, d’innover pour développer des politiques de sécurité à la hauteur des défis.

C’est pourquoi Lorient en commun propose, dès le début de mandat, de construire un partenariat de réflexion et de propositions réunissant polices, entreprises de sécurité, citoyen-ne-s, élu-e-s locaux, universitaires, responsables de centres sociaux, pour identifier et cartographier les problèmes concrets et proposer des objectifs, des mesures et des critères d’évaluation. Il s’agit également de clarifier la doctrine d’emploi de la police municipale car en aucun cas celle-ci ne remplace la police nationale. Pour autant, nous voulons développer la présence humaine dans l’espace public, notamment en soirée, la nuit et le week-end plutôt que les caméras. Nous proposons de désigner un policier et un élu référent par quartier, assurant des permanences, afin que les habitants aient un interlocuteur identifié.

Nous souhaitons enfin diriger nos efforts vers plusieurs populations particulièrement soumises à la violence : les femmes d’abord, mais aussi les seniors et les personnes victimes d’addictions (alcool, drogues…). Globalement, Lorient en commun veut favoriser la participation des citoyens à la meilleure gestion de l’espace public.

Nos principales propositions sur la sécurité

Réflexions et grands principes

  • Construire un partenariat de réflexion et de propositions réunissant polices, entreprises de sécurité, citoyens, élu-e-s locaux, universitaires, responsables de centres sociaux, pour identifier et cartographier les problèmes concrets, proposer des objectifs, des mesures concrètes et des critères d’évaluation
  • Globalement resserrer les liens avec tous les acteurs de la sécurité, de la prévention, et de la répression et mettre en œuvre des politiques cohérentes sur le territoire
  • Proposer de désigner à titre expérimental un référent au sein du Tribunal de Grande Instance chargé d’assurer les relations avec les collectivités (suivi des problématiques locales, participation aux instances locales de prévention de la délinquance
  • Constituer un groupe de travail sur l’exécution des peines dans les collectivités (peines au sein des Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance, TIG, Tuteurs TIG, etc..)
  • Travail d’évaluation sur les nouvelles technologies à la sécurisation des espaces publics, en partenariat avec le monde de la recherche et les acteurs industriels porteurs de solutions, et en veillant à maintenir l’équilibre entre présence humaine, technologies et respects des libertés
  • Décliner les politiques de prévention dans l’espace numérique, prolongement de la vie quotidienne. Les autorités locales doivent se former à la mutation digitale des enjeux de sécurité et développer de nouveaux outils de prévention

Police municipale

  • Clarifier la doctrine d’emploi des polices municipales en préalable de l’évolution technique de leurs moyens (armements, équipement, partage des ondes avec la Police nationale…) et de leurs formations. Ces doctrines doivent s’appuyer sur un diagnostic et être intégrées dans la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance
  • Faire correspondre l’armement à un principe de nécessité et de proportionnalité, en fonction de la doctrine d’emploi de la police municipale
  • Veiller à ce que les conventions de coordination entre la police municipale et les forces de l’ordre soient un véritable contrat d’engagements, respectent les spécificités et les prérogatives de chacun, s’appuient sur un diagnostic partagé à annexer à la convention, intègrent systématiquement un volet évaluation et soient mise à jour régulièrement en fonction de l’évaluation.
  • Clarifier la répartition des rôles et la coordination entre les porteurs de projets dédiés à la tranquillité publique (Police nationale, municipale, sociétés de sécurité, transporteurs, bailleurs sociaux, etc…)

Prévention

  • Renforcer la coordination des politiques d’accompagnement à la parentalité et de prévention de la délinquance (associer les organismes liés à la parentalité : éducation nationale, CAF, ville, ctrl, etc.
  • Mieux coordonner les politiques de réussite éducative de décrochage scolaire et de prévention de la délinquance et aider les moyens spécialisés : maisons des adolescents, renforcer la présence des autres professionnels comme les infirmières scolaires. Aider à ce que les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) aient des moyens à la hauteur des demandes.
  • S’intéresser à la nuit dans l’ensemble de la ville et sa périphérie, notamment dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (exemple : l’application Mon Chaperon met en relation des individus qui souhaitent effectuer un même trajet piéton ou en transport en commun afin d’accroître leur sentiment de sécurité lors des déplacements, notamment nocturnes)
  • Poursuivre la mise en place d’outils de réduction des risques liés aux usages de drogues et de médiation sociale dédiés
  • Renforcer la présence humaine dans l’espace public, notamment en soirée et le week-end : les initiatives comme les marches exploratoires ou médiations nomades sont extrêmement pertinents, et seront financées par la Ville

Discrimination, violences faites aux femmes, seniors

  • Intégrer systématiquement la prévention des violences faites aux femmes aux stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance.
  • Ouvrir un poste de chargé de mission violences faites aux femmes
  • Diversifier et tripler au moins les solutions de relogement qui reste une des principales difficultés rencontrées par les femmes victimes de violence
  • Intégrer dans les stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance un volet de lutte contre les violences discriminatoires
  • Prendre en compte les besoins et problématiques de la population senior dans les actions et politiques de sécurité et de prévention

Action citoyenne

  • Désigner localement un policier référent pour les habitants afin qu’ils aient un interlocuteur identifié. Celui-ci doit être joignable directement par la population et facilement accessible (exemple, réseaux sociaux, permanece de quartier etc…voir expérience de la Ville de Rotterdam
  • Favoriser la participation des citoyens à la conception et à la gestion des espaces publics
  • Créer un conseil de lutte contre les addictions et contre la violence liée à la vente et à la consommation de produits (alcool, drogues dures, etc..)
  • Se former et former les citoyens aux nouvelles habitudes de consommation de l’information
  • S’assurer de l’indépendance des instances de contrôle de la vidéoprotection et produire publiquement les conclusions de cette instance

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