Ne pas gâcher une occasion d’expérimenter!

Réalise-t-on bien à quel point les nouvelles règles de distanciation sociale vont remodeler notre relation avec l’espace public ? La lecture du plan de déconfinement de l’espace public nous fait penser que la mairie actuelle n’en a pas pris la mesure.

Comme Lorient en Commun l’a déjà exprimé, la séquence qui s’ouvre doit être l’occasion pour les villes d’expérimenter, de tenter des adaptations dans l’organisation de ses espaces, de ses flux pour prendre la mesure des changements plus pérennes à opérer à l’avenir.
C’est d’ailleurs ce que semble avoir compris des villes pionnières en termes de mobilités actives comme Grenoble et sa métropole qui vont ouvrir 18 km de nouvelles voies cyclables, Angers (6km), Lille qui va piétonniser une grande partie de son centre-ville……Bref la liste est longue des initiatives innovantes.

Mais visiblement à Lorient, on s’interdit toute réflexion nouvelle au prétexte que l’on serait précurseur ! En voyageant un peu dans le nord de l’Europe on peut connaître le retard de la France en la matière. Être précurseur chez un des derniers de la classe n’est en définitive qu’être un peu moins en retard.

S’il est vrai que le terme « urbanisme tactique » tend à devenir le mot à la mode dans le petit monde des acteurs de la ville, il n’est pourtant pas un mot gadget. Il suggère une nouvelle approche de l’aménagement des espaces de la ville avec quelques mot clés associés : temporaire, court terme, expérimental, évolutif, peu cher, participatif.

Pour cela, nous préconisons des mesures qui modifient les aménagements urbains afin d’en mesurer les effets afin de pouvoir si nécessaire les adapter. Nous proposions ainsi de rendre le centre-ville très attractif en rendant gratuit les parkings souterrains et en le piétonnisant. On permettrait ainsi de créer une zone commerciale bien plus qualitative et sanitairement sûre que les centres commerciaux périphériques. La mise en place du zonage à 20 Km/h dans l’hyper centre n’aura aucun effet, les piétons resteront cantonnés aux trottoirs.

Nous préconisons aussi plus d’espaces pour les vélos et les modes actifs. Sur ce registre les propositions faites sont vraiment peu ambitieuses. C’est pourtant une évidence que la place dédiée aux modes actifs doit être plus grande tant le risque est réel que la voiture soit encore plus omniprésente dans les déplacements du quotidien puisque les transports collectifs ne vont pas gagner dans les semaines qui viennent en attractivité avec la distanciation sociale et les protocoles sanitaires.

L’enjeu est important, le moment rare, ne le gâchons pas, nous appelons le maire à reconsidérer sa position.

Pour la liste Lorient en Commun
Delphine Alexandre
Léa Bonneville
Gaëlle Le Stradic
Co-porte paroles